Mes machines, mon réseau.

J’avais envie d’écrire ce texte depuis un moment. Mettre à plat mon petit monde numérique. Mes ordinateurs. Ce que je fais avec. Et surtout comment tout ça se parle, se surveille, se soutient.
Mes machines ont un prénom. Pas pour faire joli. Pour créer du lien. Et aussi pour savoir immédiatement de qui on parle quand ça bippe, quand ça clignote, quand ça tousse.

Parce qu’au fond, ce ne sont pas juste des machines. C’est mon écosystème. Mon refuge. Mon terrain de jeu.

Présentation rapide

Margaret

Son nom vient de Margaret Hamilton. Celle qui a tenu la barre logicielle du programme Apollo pendant que tout le monde regardait les fusées. Margaret, c’est mon Mac mini M4 Pro. Mon ordinateur du quotidien. J’y fais tout. Je joue. Je code. J’écris. Je réfléchis. Je râle aussi, parfois. C’est mon seul vrai ordinateur “personnel”. Celui qui me suit tous les jours. Fiable. Stable. Toujours là quand j’en ai besoin.

Géraldine

Ce prénom, je ne l’ai pas choisi au hasard. Il est lié à une période compliquée de ma vie. À une rencontre. À quelque chose de profondément humain. Géraldine, aujourd’hui, c’est un VPS chez Ionos. Un serveur distant. Froid, en théorie. Mais pour moi, c’est le pilier. Elle héberge ce blog. Elle héberge aurevoiralcool.fr. Elle travaille en silence, jour et nuit. On ne pense jamais à elle. Jusqu’au jour où elle ne répond plus. Et là, panique.

Alan

Alan Turing. Inutile de le présenter. Alan, chez moi, c’est un Raspberry Pi 5. Le serveur maison. Le couteau suisse. Un peu de cloud perso. Homebridge pour faire entrer des accessoires rebelles dans HomeKit. Plex pour regarder mes films et mes séries. Il fait beaucoup de choses. Il chauffe parfois. Il râle. Mais il tient la baraque.

André

Le dernier arrivé. Et peut-être celui auquel je tiens le plus. André, c’était mon grand-père. Il m’a transmis le goût de la technique. Il a connu l’électronique avant le transistor. André, aujourd’hui, c’est le cerveau de mon projet Colossus. Un Minitel. Une radio des années 50. Des bidouilles. Du plaisir pur. Un projet inutile au sens productif. Donc essentiel.

Et puis il y a mon iPhone et mon iPad.

Je les mets volontairement dans la liste. Parce que oui, ce sont des ordinateurs. À part entière. Ce sont mes télécommandes universelles. Mes tableaux de bord. Mes moyens de communication avec tout le reste. Et c’est là qu’on arrive au nerf de la guerre.

Le réseau

Toutes ces machines, sauf l’iPhone et l’iPad évidemment, sont accessibles en ligne de commande. Depuis n’importe où. Depuis n’importe quelle autre machine. Même depuis mon téléphone. Mon objectif était simple, presque obsessionnel: pouvoir agir depuis n’importe quel endroit, à n’importe quel moment. Redémarrer. Vérifier. Corriger. Observer.

Ça peut sembler risqué. En réalité, c’est surtout très cadré.

D’abord, pas de mots de passe. Jamais.
Le SSH n’accepte que des clés d’authentification. Une serrure invisible, impossible à crocheter au hasard. Tu as la clé ou tu restes dehors.

Ensuite, le VPN.
Un vrai VPN. Pas un service marketing avec des pubs anxiogènes. Un VPN dans son sens originel. Mettre toutes mes machines sur un même réseau, comme si elles étaient dans la même pièce, même quand elles sont à des centaines de kilomètres. Pour ça, j’ai choisi Tailscale. Simple. Efficace. Installable partout. Mac, iPhone, iPad, VPS, Raspberry. Ça disparaît presque une fois en place. Et c’est exactement ce que j’aime.

Règle absolue pour tout ce petit monde:
Tu ne parles qu’aux machines du VPN.
Et uniquement si elles présentent la bonne clé.

Ce n’est pas de la parano. C’est du soin.
Comme fermer la porte le soir. Pas parce qu’on a peur. Parce que c’est chez soi.

Et puis il y a un truc que j’aime beaucoup dans ce réseau.
Les machines se surveillent entre elles.

Alan regarde Géraldine.
Géraldine garde un œil sur certains services d’Alan.
Margaret supervise un peu tout.
Si un service tombe. Si une charge explose. Si quelque chose met trop de temps à répondre. Je suis prévenu. Une notification. Un message. Un petit tapotement numérique sur l’épaule. “Hé. Regarde-moi.”

Ça me rassure.
Je dors mieux en sachant que tout ça veille, même quand je ne suis pas là.

Ce réseau, il évolue.
Des machines arriveront. D’autres partiront.
Les noms resteront. Les idées aussi.
Parce qu’au final, ce que je construis là, ce n’est pas juste une infrastructure. C’est un espace cohérent. Compréhensible. À mon image.

Un endroit où la technique n’est pas magique.
Elle est maîtrisée. Apprivoisée. Et profondément humaine.